Extraits du livre ''Le roman de ses peurs''

En tant qu’auteur de « Le roman de ses peurs », j’ai écrit ce thriller qui comporte neuf chapitres. Vous pouvez avoir un aperçu de l’histoire en parcourant quelques extraits du livre que je dévoile dans la rubrique « Extraits des chapitres », ci-dessous.

Le livre est disponible en version papier et numérique.
Format PDF/EPUB/MOBI en ce qui concerne le numérique.

Ballade en forêt de Tronçais

L’auteur dans la forêt de son enfance.

Préambule

S’ISOLER ! C’était son idée pour écrire son nouveau roman. L’écrivain n’avait pas hésité à partir seul, loin de chez lui, dans sa maison d’enfance, héritée de ses parents décédés.
Il avait l’intention de raconter l’histoire de deux personnes qui avaient beaucoup compté dans sa vie.
Une fois installé devant son ordinateur, son inspiration était débordante ; il exaltait devant ses souvenirs qui renaissaient. Seulement, l’imprévisible peut parfois tout remettre en cause, captant la moindre faiblesse dans un environnement serein.
Quand se manifestent la crainte, la peur, l’angoisse, il ne reste plus que l’espoir.
L’écrivain aurait-il besoin d’aide ? Que peut-il espérer dans cet endroit paradisiaque, sans voisins, sans réseau, sans rien quoi !

Chapitres du livre

Franck est écrivain. Durant plusieurs années, il a travaillé comme
metteur en pages dans une imprimerie. Aujourd’hui, sa passion c’est l’écriture.
Jeune retraité, il passe souvent son temps libre à écrire. Bien sûr,
l’inspiration manque parfois pour ses histoires, mais quel écrivain n’y a pas été un jour confronté ?
Il est marié, vit en couple à Marseille. En venant s’installer dans le Sud de la France, il s’est découvert d’autres passions. La cuisine en est une, mais il y a aussi le montage de photos et de vidéos. Il dit parfois que les journées ne sont pas assez longues, enfermé dans sa bulle, devenu l’esclave de ses occupations. Une chose est sûre, il n’a pas le temps de s’ennuyer, surtout quand il s’engage dans un montage, lors d’un anniversaire par exemple. Là, il envahit toute la chambre en dispersant un peu partout des photos, des cassettes, et tout ce qu’il peut trouver pour réaliser le film…
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Depuis quelques jours, Franck a en tête d’écrire un nouveau roman. Ce matin, il est seul chez lui à scruter l’horizon avec des jumelles. Il aperçoit au loin, le phare de Planier situé en pleine mer méditerranée. Par internet, il se document sur l’origine de ce phare, construit en 1774 et qui s’élève depuis 1959, à 70 mètres au-dessus du niveau de la mer. Situé à huit kilomètres des côtes, il sert à guider les bateaux.
Franck devient pensif. Il s’imagine au sommet de ce phare, assis devant une petite table, son ordinateur portable posé dessus, en train de saisir les pages de son prochain livre.
Soudain, une idée lui traverse l’esprit. Celle de trouver l’endroit idéal, pour écrire l’histoire qu’il veut raconter. Pour cela, il a besoin de s’isoler dans un monde d’inspiration.
Sa réflexion est de courte durée. Cet endroit il le connaît, il lui appartient.
 »La Couy », bien sûr ! Sa maison de campagne.
Cela fait plus de quatre mois qu’il n’a pas mis les pieds là-bas.
Il s’en veut de délaisser sa demeure.
Il s’en veut de lui consacrer moins de temps.
Pourtant, il faut l’entretenir cette bâtisse.
À partir de cet instant, l’envie de se rendre là-bas occupe son esprit, aussi, le soir venu, il en parle à sa femme :
« Chérie, ça fait longtemps que je ne suis pas allé à  »La Couy », et comme c’est compliqué pour toi d’avoir des congés, je vais y aller seul, durant une vingtaine de jours.
– Pas de souci mon chéri, je sais combien cette maison est importante à tes yeux. Et puis, ne t’inquiète pas je vais être très occupée dès la semaine prochaine, avec le stage que je dois effectuer.
– Oui ! Je vais pouvoir me mettre à fond dans l’écriture de mon nouveau roman.
– Promets-moi d’être prudent, car s’il t’arrivait quelque chose, tu sais bien qu’une fois là-bas, tu ne pourras joindre personne.
– Ne t’inquiète pas ma chérie, je connais tellement bien la maison que je ne risque rien. »
Bien sûr, Franck aurait aimé que sa femme puisse l’accompagner, mais il doit s’y rendre seul pour être dans le calme, en pleine source d’inspiration…
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À  »La Couy », Franck cherche le trousseau de clés dans la pochette de son grand sac noir. Debout devant la porte d’entrée, il pense à Maurice qui avait fait installer cette porte, il y a une quinzaine d’années, et il avait dit à son entourage :
« Si des voleurs viennent, ils passeront à côté de la porte, pas par la porte ! »
Elle est blindée.
Système anti-dégondage.
Franck introduit la clef dans la serrure, puis la fait tourner d’un mouvement agile de son poignet. C’est alors que le mécanisme d’ouverture émet un son étouffé, très agréable à entendre.
La porte s’ouvre !
Le premier à pénétrer à l’intérieur, c’est un rayon de soleil, pressé d’éclairer une partie de la pièce principale. La clarté diffuse fait voler dans l’air des particules de poussière.
Franck s’avance dans l’obscurité, cherchant à s’imprégner lentement de la douceur des lieux qu’il s’apprête à redécouvrir. Sa légère inspiration dévoile un sentiment de bonheur, de se retrouver entre ces murs qui l’ont vu grandir.
Prudemment, il se dirige vers la cuisine en utilisant la fonction lampe de son téléphone portable pour atteindre le cellier ; c’est là que se trouve le compteur électrique.
D’un geste assuré et précis, il actionne l’interrupteur. Maintenant, il peut se rendre dans chaque pièce pour ouvrir fenêtres et volets.
Une lumière intense éclaire toute la maison, où certains meubles semblent vouloir se cacher derrière l’ombre d’un objet, ou d’un autre meuble.
En accrochant le dernier volet, Franck se rappelle de la société qui avait installé toutes les menuiseries ; c’était « AMI » un artisan de la région de Thiers.
Franck va même jusqu’à se souvenir d’un petit détail, faisant naître dans le coin de ses lèvres un petit rictus.
« Le maître-d’œuvre de la société était un homme très sympathique d’une quarantaine d’années, grand, vif, cheveux grisonnant, yeux bleus, nez légèrement déformé.
Il venait sur le chantier avec son fils qu’il surnommait Flo, un garçon volontaire qui ne rechignait pas devant le travail.
Pendant leurs pauses, ils aimaient à plaisanter, même à s’inventer des jeux ridicules, comme à se planter les ongles dans la tête. Ça leur faisait mal, mais cela avait pour effet de provoquer entre eux de bonnes parties de rigolade.
Franck avait bien sympathisé avec ces hommes, si bien que vers la fin des travaux, il s’incrustait pendant les pauses en partageant le casse-croûte, souvent accompagné d’un verre de vin rouge.
C’était l’occasion pour l’artisan de parler de son métier, et des difficultés qu’il rencontrait dans son travail. À chaque discussion, il s’en prenait au gouvernement :  »Des taxes ! Toujours des taxes ! Rien que des taxes ! Ils sont bons qu’à nous pondre des taxes ! » Protestait-il fermement contre des mesures drastiques fragilisant la branche artisanale.
Parfois il parlait de sa femme qu’il aimait follement ; il la surnommait  »Loin du Ciel », parce qu’elle était de petite taille. En réalité elle se prénommait  »Rose ». Franck avait eu l’occasion de la voir un jour, pour se rendre compte qu’elle était charmante. »
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Franck est tellement joyeux, qu’il se met à chantonner :
« Ti mé la, la mé lou, pan pan ti mé la, parti la mé lou, coco dou, la ba ia. »
Il sourit en chantonnant cet air, que jadis sa mère lui chantait en le faisant sauter sur ses genoux. Cela lui met du baume au cœur, mais provoque également un sentiment nostalgique qui prend place au plus profond de son cœur.
Ce sentiment vient se loger dans le creux de ses yeux, laissant naître ainsi quelques larmes d’une tristesse passagère. Durant quelques secondes, il pense à ses parents, qui lui manquent tant. Toutes les choses dans cette maison réveillent sa mémoire ; certaines causent du chagrin, mais d’autres sont agréables, notamment lorsque Franck se met à la recherche du poste radio, que ses parents lui avait offert pour ses seize ans. L’appareil se trouve sur l’étagère du petit cagibi, couvert de poussière. Il s’agit d’un poste radio des années 70.
Après l’avoir dépoussiéré, il l’installe sur le meuble du salon, en branchant le fil électrique à la prise de courant, fixée sur la cloison. Malgré sa vétusté, le poste fonctionne toujours ; pour preuve, lorsque Franck tourne le bouton et après quelques grésillements, une station diffuse les infos de la journée.
« Super ! Je pourrai être au courant de ce qu’il se passe dans mon pays », se dit-il.
Maintenant, Franck se rend dans chaque pièce de la maison pour ouvrir fenêtres et volets, laissant ainsi la lumière extérieure venir égayer les lieux.
Il sifflote à nouveau l’air des paroles qu’il chantait il y a quelques minutes. Tout semble revivre dans cette demeure.
Depuis que l’humidité ne se manifeste plus pour titiller ses narines, d’autres odeurs bien plus agréables sont venues peu à peu s’y réfugier. Ce sont les bonnes odeurs de la campagne.
Après un brin de ménage accompli prestement dans les pièces principales, il se retrouve dans le petit hall qui donne accès d’un côté aux chambres, salle de bains et toilettes, et de l’autre côté au petit cagibi. C’est dans ce local qu’il y a le petit meuble dont il doit se débarrasser.
Soudain, Franck reste planté comme un robot, la tête en l’air, sa main caressant son menton.
Une idée de départ pour l’histoire de son roman vient de parcourir son esprit. Plus question d’attendre, il se précipite sur son ordinateur.
Devant l’écran, la page s’ouvre. Juste en dessous de la date et du titre tapés hier, il commence la saisie :
« Ce dont je me souviens est là, bien présent dans ma mémoire.
Ces lieux où jadis tout se bousculait autour de moi, mais aussi parfois, où tout restait sans vie, sans joie, comme si le temps s’était arrêté… »
Franck termine le paragraphe en mettant trois points de suspension. Il pense avoir trouvé le début de son roman. Ce n’est pas l’envie de continuer qui lui manque, mais ce matin, d’autres obligations sont prévues, pas question de s’y soustraire.
Retour dans le cagibi afin de dégager le petit meuble qui n’est pas très lourd, seulement le sortir du local sans enlever la porte semble impossible…
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… Il s’agit d’un orage qui semble se rapprocher de la maison.
Franck regarde la porte sous laquelle apparaît une lumière étincelante vive, vraisemblablement occasionnée par l’éclair. Il entend le bruit des gouttes de pluie qui commencent à tomber et qui viennent s’écraser sur le toit.
Le tonnerre se rapproche un peu plus.
Franck compte alors sur ses doigts, les secondes qui séparent sa vision de l’éclair sous la porte, et le grondement du tonnerre. Il ignore l’exactitude de son calcul, mais il se souvient que son père lui avait appris la méthode. Une seconde correspondrait à trois kilomètres environ.
Pour le moment, il totalise six secondes. Par conséquent, si la méthode de calcul est bonne, la foudre devrait se trouver à dix-huit kilomètres.
Quelques instants plus tard, il n’a que le temps de déplier son pouce et son index. Deux secondes !
« Il se rapproche, le bougre ! Il est à six kilomètres ! » son regard reste figé sur le dessous la porte, il s’inquiète.
Le bruit de la foudre résonne dans ses oreilles, diffusant comme un écho qui s’échappe dans la vallée. Dans les secondes qui suivent, la colère du tonnerre est terrible. Un bruit indescriptible se produit autour de la bâtisse. Franck sursaute, persuadé que la foudre s’est abattue sur sa maison, faisant au passage de gros dégâts.
Il tremble de tout son corps, complètement terrifié. Il a toujours eu peur de l’orage. Il se rappelle des fois quand cela se produisait, lorsque Maurice courait chercher deux bougies, avant de couper le courant. Les bougies, disposées dans des soucoupes, tenaient avec de la cire fondue, obtenue après avoir allumé la mèche. Cela permettait d’avoir de la clarté dans la pièce, jusqu’à ce que l’orage s’éloigne.
Franck se rappelle également des orages arrivés en pleine nuit, lorsqu’il se cachait sous les draps, tremblant de peur. Cette peur est encore bien présente aujourd’hui…
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Une nouvelle journée commence. Pour preuve, ce rai de lumière beaucoup plus intense qui apparaît sous la porte, signe que le jour est là depuis quelques heures déjà. Une habitude terrifiante s’est emparée de Franck, qui ne s’étonne même plus d’avoir à affronter le noir, le temps, l’attente, l’espoir.
Pourtant, il ne s’en doute pas encore, mais cette journée sera bien différente des autres ; longue, préoccupante, angoissante…
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À VOUS D’EN CONNAITRE LA SUITE.